Budget 2017-18 : les mesures réclamées par les principaux organismes du privé
Par
Leena Gooraya-Poligadoo, Mario Boutia
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Leena Gooraya-Poligadoo, Mario Boutia
Les attentes sont nombreuses et variées du côté du secteur privé, qui estime que celles-ci sont nécessaires en vue de relancer l’économie et favoriser les investissements. Gros plan sur les principales mesures que réclament les organismes du privé.
Le secteur privé, représenté par Business Mauritius, attend du Budget 2017-2018 la mise en œuvre des réformes sur différents points.
La modernisation des méthodes de production demeure une priorité pour les petits planteurs. D'où une demande d'aide au gouvernement. Le but : encourager les jeunes à se tourner vers le métier de la terre.
Avec le démarrage des projets d’envergure tels que les villes intelligentes, le Metro Express et d’autres projets routiers, le secteur de la construction devrait connaître une croissance de 7 % à la fin de l’année. Toutefois, les opérateurs estiment que pour réaliser cet objectif, les propositions ci-dessous devraient être prises en considération.
La Mauritius Export Association (Mexa) estime qu’il faut créer des conditions de concurrence équitables entre les entreprises orientées vers l’exportation, celles orientées vers les résidences domestiques, les Petites et moyennes entreprises (PME), les firmes du port franc et le secteur offshore afin de créer des synergies. Ci-dessous cinq principales propositions :

L’Association des Hôteliers et Restaurateurs de l’Île Maurice (AHRIM) relève plusieurs points où le gouvernement doit faire des efforts pour soutenir l’industrie touristique. La main-d’œuvre est particulièrement concernée.

La mise en œuvre des mesures annoncées dans le dernier budget. C’est ce qu’attendent les Petites et moyennes entreprises (PME). Par ailleurs, elles souhaitent que les points suivants soient aussi pris en considération.
Pour soutenir le secteur des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC), l’Outsourcing Telecommunications Association of Mauritius (OTAM), préconise différentes mesures qui doivent permettre d’enclencher la transformation numérique du pays.
La Chambre d'Agriculture veut des mesures pouvant rehausser la production agricole tout en souhaitant une harmonisation des législations du travail au niveau de l'industrie sucrière.
L’Association des hôtels de charme a des attentes similaires à celles de l’AHRIM, notamment en ce qui concerne la main-d’œuvre étrangère et la taxe environnementale. Mais les petits hôtels se démarquent des grands établissements sur les formules tout compris.
En tenant compte du vieillissement de la population, qui devrait se poursuivre durant les prochaines années, la Chambre de Commerce et de l’Industrie de Maurice (MCCI) estime qu’il est important de recruter de travailleurs étrangers. Voici les grandes lignes de ses propositions :
Si d’un côté, Jayen Chellum, secrétaire-général de l’Association des Consommateurs de l’île Maurice (ACIM), se bat toujours contre le projet de Metro Express, il ne perd pas pour autant ses vues sur la protection des consommateurs.
Qu’attendez-vous du Budget qui sera présenté ce jeudi ?
Je vous parlerai surtout de mes craintes. C’est la première fois depuis que je suis secrétaire de l’ACIM que j’appréhende si fort un Budget. C’est le projet de Metro Express, qui va engloutir des milliards de roupies d’emprunt et que les générations à venir seront appelées à rembourser pendant au moins les cinquante prochaines années. Je suis d’autant plus révolté, car le gouvernement n’a eu aucune consultation au préalable avec les partenaires sociaux avant de s’engager dans le plus gros projet infrastructurel depuis l’indépendance.
Chaque année, on constate que les prix de certains produits augmentent au lendemain de la présentation du Budget, sans parler des pénuries de plusieurs autres articles en attendant une révision à la hausse de leurs prix. D’après vous, quelles mesures prendre pour protéger les consommateurs ?
Cela fait des années que l’ACIM demande en vain au gouvernement de prendre des mesures pour différencier entre les anciens et les nouveaux produits afin de protéger les consommateurs contre le mercantilisme dans le commerce après la présentation du Budget. L’une des solutions proposées est de mettre des étiquettes sur ces produits pour savoir s’ils ont été livrés avant ou après le Budget. Toutefois, le gouvernement doit avoir la volonté politique pour le faire. Cela dit, on attend depuis plus d’une dizaine d’années une loi sur la protection des consommateurs. Et entretemps, les consommateurs continuent à faire face à des hausses successives des prix sur le marché.
Quelles sont les autres mesures phares que préconise l’ACIM ?
On se bat aussi pour une baisse appréciable des frais bancaires et on souhaite aussi que des régulateurs comme la Competition Commission of Mauritius, la Financial Services Commission et la Banque de Maurice soient dotés de plus de pouvoirs pour mieux protéger les intérêts des épargnants. On réclame aussi à tue-tête la mise sur pied d’une Food Agency, qui englobe plusieurs ministères dont celui de la Santé, du Commerce et de la Protection des consommateurs, pour une meilleure coordination au niveau des produits de consommation qui sont mis sur le marché.